Lettre 13 : Entre Deuil et Joie : Le Témoignage d’une Naissance et d’un Décès

alam alayki mes sœurs,
J’espère que vous allez bien, ainsi que vos proches.
Aujourd’hui, j’aimerais vous partager le témoignage d’une sœur qui a écrit dans le livre Soeurise.
Un récit bouleversant… qui parle de perte, de foi, et d’amour inconditionnel.
Entre Deuil et Joie : 
Le Témoignage d’une Naissance et d’un Décès
Je vais vous raconter mon histoire, mon épreuve et ma tristesse. Je suis l’aînée d’une famille de 4 enfants, 3 filles et 1 garçon (le petit dernier, le chouchou).
Tout s’est passé en 2012, alors que j’étais enceinte de 5 mois d’un petit garçon, le premier petit-fils de la famille. Mes parents étaient très heureux, surtout mon père, pour qui c’était un rêve de devenir grand-père.
Malheureusement, Allah en a décidé autrement. Nous avons appris brutalement que mon père était gravement malade, atteint d’un cancer du foie fulgurant. Les médecins lui donnaient seulement quelques mois à vivre.
Mon père nous a réunis et nous en a parlé ouvertement, nous demandant de nous préparer au pire, sachant qu’il attendait la mort. Mon père était une personne forte, n’ayant peur de rien si ce n’est d’Allah (soubhanou). Il nous a toujours encouragés à faire face à la vie et à accepter ce qu’Allah nous donnait.
Pendant ces quelques mois, il faisait des allers-retours à l’hôpital. Mes sœurs, mon frère, ma mère et moi nous relayons chaque jour pour être à ses côtés et lui apporter tout ce dont il avait besoin.
C’était étrange à dire, mais j’avais toujours espoir qu’il guérirait, même si les médecins nous avaient dit que c’était incurable.
Toute la journée et tous les soirs, nous étions à l’hôpital.
Mon terme était dépassé, mais le bébé ne voulait toujours pas pointer le bout de son nez. Quatre jours après mon terme, la sage-femme a décidé de m’hospitaliser pour déclencher l’accouchement.
La veille, j’ai expliqué à mon père que j’allais être hospitalisée, mais que je lui apporterais son petit-fils. Je l’embrassais tendrement, même si je savais que son état était très critique.
Ce soir-là, j’ai dormi chez mes parents et j’ai demandé à ma mère de dormir avec l’oreiller de mon père pour sentir son odeur.
Le lendemain, l’accouchement s’est bien passé, al-hamdulillah, et très vite, j’ai été installée en salle de naissance, toujours collée à mon téléphone pour avoir des nouvelles de mon père. À 21h30, je ressens une forte fièvre, la sage-femme me perfuse et j’appelle ma sœur pour avoir des nouvelles de mon père. Elle ne me répond que 30 minutes plus tard en me disant que tout allait bien et que je devais accoucher tranquillement, qu’elle me rappellerait.
À 00h07, j’accouche de mon merveilleux Souhayl. Pour moi, ma vie a débuté ce jour-là. Être mère pour la première fois était l’aboutissement de ma vie. Tout allait bien. Le lendemain matin, à la maternité, mes tantes paternelles et ma mère viennent me rendre visite avec un immense bouquet de fleurs.
Je leur dis que je veux voir papa et lui ramener mon bébé.
Elles m’annoncent la triste nouvelle : papa est décédé à 21h30 la veille. Il avait 52 ans.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps jour et nuit, si bien que l’on a signé une décharge pour que je quitte l’hôpital plus tôt que prévu. J’étais dévastée, et près de 12 ans après, je le suis encore. Quelques heures nous séparaient, Allah a enlevé une vie et en a donné une autre. Mon père m’a tout appris, sauf à vivre sans lui. C’est un grand rappel pour tous les croyants.
Mon fils a été mon amour, un bébé calme et sage.
Il m’a aidée dans mon deuil, et encore aujourd’hui, je suis fusionnelle avec lui. C’est l’amour de ma vie.
Al-hamdulillah, notre famille (maman, sœurs et frère) est encore plus soudée qu’avant. Pour vous dire, prenez soin de vos proches, de vos mamans et de vos papas.
Une soeurise anonyme, 38 ans

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